# Alimentation du bébé à 9 mois : idées de repas et conseils
À 9 mois, votre bébé franchit une étape cruciale dans son développement alimentaire. Cette période marque un tournant passionnant où l’enfant découvre de nouvelles saveurs, textures et développe progressivement son autonomie à table. L’alimentation se diversifie considérablement, et les repas ressemblent de plus en plus à ceux des adultes, tout en respectant les besoins nutritionnels spécifiques de cet âge. Les parents se retrouvent face à de nombreuses questions pratiques : quelles quantités proposer, comment introduire les morceaux, quels aliments privilégier ou éviter ? Cette phase représente également le moment idéal pour instaurer de bonnes habitudes alimentaires qui accompagneront l’enfant tout au long de sa vie. Comprendre les enjeux nutritionnels et les meilleures pratiques permet d’accompagner sereinement cette transition alimentaire fondamentale.
Besoins nutritionnels et apports caloriques du nourrisson de 9 mois
Les besoins énergétiques d’un bébé de 9 mois sont considérables en proportion de son poids corporel. À cet âge, l’enfant nécessite environ 800 à 900 calories par jour pour soutenir sa croissance rapide et ses activités physiques de plus en plus intenses. Ces besoins caloriques se répartissent sur quatre repas quotidiens, offrant un rythme régulier qui structure la journée de l’enfant. La diversification alimentaire, bien avancée à ce stade, permet d’apporter une variété de nutriments essentiels provenant de différentes sources alimentaires.
L’équilibre nutritionnel repose sur une distribution harmonieuse entre les macronutriments et les micronutriments. Contrairement aux adultes, les nourrissons ont des proportions différentes à respecter, notamment en ce qui concerne les lipides qui jouent un rôle fondamental dans le développement cérébral. L’alimentation du bébé de 9 mois doit être pensée comme un investissement pour sa santé future, en établissant des bases solides pour un développement harmonieux.
Répartition des macronutriments : protéines, lipides et glucides
Les protéines occupent une place modérée mais cruciale dans l’alimentation du nourrisson de 9 mois. Les recommandations fixent l’apport quotidien à environ 10 grammes de viande, poisson ou œuf, soit l’équivalent de deux cuillères à café de viande mixée ou un demi-œuf dur. Cette quantité peut sembler faible, mais elle correspond parfaitement aux capacités de digestion et aux besoins réels de l’enfant. Un excès de protéines à cet âge pourrait surcharger les reins encore immatures et favoriser un surpoids ultérieur.
Les lipides constituent environ 40 à 50% des apports caloriques totaux, une proportion bien supérieure à celle recommandée pour les adultes. Ces graisses sont indispensables au développement du système nerveux et à la formation des membranes cellulaires. L’ajout systématique d’une cuillère à café d’huile végétale crue dans chaque plat salé garantit un apport suffisant en acides gras essentiels, particulièrement les oméga-3 présents dans l’huile de colza, de noix ou de soja. Les glucides complexes provenant des féculents et des légumes fournissent l’énergie nécessaire aux activités quotidiennes.
Apports en fer, calcium et vitamines essentielles à cet âge
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Le fer est un nutriment clé à 9 mois, notamment pour prévenir le risque d’anémie et soutenir le développement cognitif. On le trouve principalement dans la viande, le poisson, le jaune d’œuf et certaines légumineuses (lentilles, pois chiches mixés). À cet âge, les réserves de fer de naissance sont largement entamées, d’où l’importance de proposer quotidiennement une petite portion de protéines animales ou végétales riches en fer, associées à des légumes ou fruits riches en vitamine C pour optimiser l’absorption.
Le calcium, indispensable à la construction osseuse et dentaire, provient surtout du lait maternel ou du lait infantile 2ème âge, mais aussi des produits laitiers adaptés (yaourt nature, fromage blanc, petits-suisses). Les besoins quotidiens tournent autour de 500 à 700 mg de calcium, facilement atteints avec 500 ml de lait infantile par jour et un dessert lacté. Les vitamines A, D, C et les vitamines du groupe B jouent également un rôle majeur : la vitamine D est généralement supplémentée sur avis médical, tandis que la variété des fruits, légumes et céréales complètes permet de couvrir la plupart des autres besoins vitaminiques.
Quantités recommandées par le PNNS et l’OMS pour cette tranche d’âge
Les recommandations du PNNS et de l’OMS convergent sur un point essentiel : le lait reste la base de l’alimentation, complétée par des aliments solides variés. Entre 9 et 12 mois, les repères indiquent environ 500 à 800 ml de lait maternel ou infantile par jour, sans dépasser ce plafond pour éviter de “remplir” bébé de lait au détriment des solides. En parallèle, une portion salée pèse en moyenne 200 à 250 g, répartie entre légumes, féculents et une petite quantité de protéines.
En pratique, cela correspond à environ 10 g de viande, poisson ou œuf par jour (20 g de protéines alimentaires au total, en comptant les laitages), une portion de féculents à chaque repas principal et des fruits à chaque fin de repas. Il ne s’agit pas de suivre ces chiffres au gramme près, mais de s’en servir comme boussole. Votre bébé peut avoir plus d’appétit certains jours et moins d’entrain d’autres jours : cette variabilité est normale tant que la courbe de croissance reste harmonieuse.
Équilibre entre lait maternel, lait infantile 2ème âge et alimentation solide
À 9 mois, on entre dans une phase de transition où les aliments solides prennent progressivement plus de place, sans remplacer totalement le lait. Si vous allaitez, vous pouvez continuer à proposer le sein à la demande, tout en structurant la journée autour de 4 repas principaux. Le lait maternel reste une source précieuse d’anticorps, de graisses de qualité et de micronutriments. Si votre enfant est nourri au biberon, le lait infantile 2ème âge est recommandé jusqu’à 12 mois, voire au-delà, avant un éventuel passage au lait de croissance.
Une journée type comprend en général un biberon (ou une tétée) le matin, un repas solide complet à midi, un goûter à base de lait et/ou de laitage avec un fruit, puis un dîner associant légumes, féculents et parfois un complément de lait. On peut comparer le lait à une “colonne vertébrale” de l’alimentation du bébé : les solides viennent progressivement s’y greffer pour former un ensemble complet et équilibré. Si votre enfant semble diminuer légèrement ses quantités de lait mais mange bien à la cuillère, cela fait souvent partie de cette évolution naturelle.
Texture et consistance des aliments : passage aux morceaux fondants
Transition de la purée lisse vers les écrasés à la fourchette
À 9 mois, la texture de l’alimentation évolue autant que les saveurs. Après plusieurs mois de purées lisses, c’est le bon moment pour proposer des préparations plus épaisses, grossièrement écrasées à la fourchette. Cette étape intermédiaire entre la purée et les morceaux aide bébé à développer sa mastication et à coordonner langue, lèvres et mâchoire. Elle prépare également l’enfant à accepter plus tard les aliments de la table familiale.
Vous pouvez par exemple proposer une purée de carottes ou de courgettes que vous écrasez simplement, sans la mixer complètement. Les pommes de terre, patates douces, brocolis, courges et potirons se prêtent particulièrement bien à ces textures plus rustiques. Pensez à ajuster la consistance avec un peu d’eau de cuisson ou de lait infantile si la préparation est trop dense. Comme pour toute nouvelle étape, avancez en douceur, en observant les réactions de votre bébé et en adaptant au jour le jour.
Introduction des petits morceaux mous et aliments à croquer
Une fois les purées grossières bien acceptées, vous pouvez commencer à proposer de petits morceaux très fondants. L’idée n’est pas de passer brutalement à des aliments durs, mais de choisir des textures qui s’écrasent facilement entre la langue et le palais. Les légumes cuits à la vapeur (carottes, courgettes, haricots verts, brocoli), la pomme de terre, les pâtes bien cuites, le riz très moelleux ou encore les fruits bien mûrs (banane, poire, pêche) sont de bons candidats.
Ces morceaux peuvent être proposés seuls dans une petite assiette, que bébé explore avec ses doigts, en parallèle d’une base de purée ou d’écrasé. Cette séparation des textures aide l’enfant à faire la différence entre “ce que l’on croque” et “ce que l’on avale à la cuillère”. Vous pouvez aussi offrir des bâtonnets de légumes très cuits ou des lamelles de fruits mous, que bébé porte lui-même à la bouche : cela stimule sa motricité fine autant que sa curiosité alimentaire.
Adaptation selon le développement de la mastication et des dentschaque enfant a son propre rythme pour la mastication, et l’apparition des dents n’est pas le seul indicateur de préparation aux morceaux. même sans dents, un bébé de 9 mois possède une mâchoire et une langue suffisamment puissantes pour écraser des aliments fondants entre les gencives et le palais. ce qui compte avant tout, c’est sa posture (bien assis, dos droit), sa capacité à tenir assis sans aide prolongée et son intérêt pour les aliments solides.si votre enfant a tendance à recracher systématiquement les morceaux ou à sembler très gêné, rien ne sert de le brusquer. revenez à des textures légèrement plus lisses, puis reproposez, quelques jours plus tard, de petits morceaux bien adaptés. À l’inverse, certains bébés manifestent très tôt l’envie de “faire comme les grands” : on peut alors avancer un peu plus vite, tout en restant vigilant. l’important est de garder le cap sur l’objectif global : une progression régulière vers des textures variées, sans pression ni conflit autour du repas.éviter les risques de fausse route : taille et préparation des alimentsla sécurité reste une priorité absolue lorsqu’on introduit les morceaux à 9 mois. certains aliments sont particulièrement à risque de fausse route lorsqu’ils sont proposés entiers ou trop durs : morceaux de carotte crue, cacahuètes et fruits à coque entiers, grains de maïs, raisins non coupés, tomates cerises entières, bonbons, saucisses en rondelles. ils doivent soit être évités, soit préparés de manière très sécurisée (écrasés, mixés, coupés dans la longueur).pour limiter le risque, veillez à toujours proposer des morceaux de petite taille, fondants et faciles à écraser. une bonne règle est de ne pas dépasser la largeur du petit doigt de bébé pour les bâtonnets, et de couper en tout petits dés les aliments plus fermes une fois qu’il est à l’aise avec la mastication. restez toujours à proximité pendant le repas, sans le distraire avec des écrans, afin de pouvoir intervenir rapidement en cas de besoin. le fait de le laisser manger calmement, assis bien droit dans sa chaise, réduit déjà considérablement les risques.structure des repas et rythme alimentaire quotidienorganisation des 4 repas : petit-déjeuner, déjeuner, goûter et dînerà 9 mois, la plupart des bébés suivent un rythme de quatre repas par jour, qui se rapproche de celui des adultes tout en restant adapté à leurs besoins. on retrouve généralement un petit-déjeuner laitier, un déjeuner comportant un plat salé complet et un dessert, un goûter autour du lait et/ou d’un laitage avec un fruit, puis un dîner plus léger mais structuré. ce cadre régulier aide l’enfant à repérer les moments de la journée, à anticiper les repas et à mieux réguler sa faim.le matin, un biberon de 180 à 240 ml de lait infantile (ou une tétée) peut être complété par un petit morceau de pain ou un biscuit adapté. le midi, on propose un plat associant légumes, féculents et protéines (viande, poisson ou œuf), avec une cuillère à café d’huile végétale crue, suivi d’un fruit cru bien mûr ou d’une compote sans sucre ajouté. au goûter, le lait revient au premier plan, accompagné éventuellement d’un fruit et d’un petit morceau de pain. le soir, un mélange de légumes et féculents sans protéines animales (si elles ont déjà été données le midi), suivi d’un fruit, suffit en général.horaires fixes et durée optimale des prises alimentairesinstaller des horaires relativement fixes permet à la fois de rassurer votre bébé et de faciliter l’organisation familiale. les repas peuvent par exemple se placer autour de 7h-8h pour le petit-déjeuner, 11h-12h30 pour le déjeuner, 15h-16h pour le goûter et 18h30-20h pour le dîner, en fonction du rythme de sieste et de votre organisation. l’idée n’est pas de suivre une heure précise au minuteur, mais de garder des repères stables d’un jour à l’autre.la durée d’un repas varie en général entre 15 et 30 minutes. au-delà, bébé se fatigue, se déconcentre et le moment risque de devenir conflictuel. si votre enfant met beaucoup de temps à démarrer ou semble peu concentré, limitez les distractions (télévision, jouets, bruits) et privilégiez un environnement calme. manger ensemble, en famille, est un excellent moyen de lui donner envie de goûter, en lui montrant par l’exemple que le repas est un moment agréable de partage.quantités par repas et signes de satiété à respecteril est tentant de vouloir “vérifier” que bébé mange assez en pesant ou en mesurant tout. pourtant, les meilleurs indicateurs restent sa courbe de croissance et ses propres signaux de faim et de satiété. un bébé qui tourne la tête, ferme la bouche, joue avec la cuillère ou devient grognon montre souvent qu’il a atteint sa limite. À l’inverse, un enfant qui ouvre grand la bouche, tend les mains vers la cuillère ou s’agite positivement manifeste encore de l’appétit.en moyenne, un repas salé représente entre 180 et 250 g d’aliments, mais cette valeur peut varier selon les enfants et les jours. l’important est de proposer, sans forcer ni négocier à chaque bouchée. pensez que le rôle du parent est de décider du “quoi” et du “quand” du repas, et celui de l’enfant de décider du “combien”. en respectant cette répartition des rôles, on favorise une relation sereine à la nourriture et on diminue les risques de troubles alimentaires plus tard.idées de menus équilibrés pour une semaine complèterecettes de purées et compotées avec légumes de saisonpour un bébé de 9 mois, varier les menus au fil des saisons est un excellent moyen de l’initier à la richesse du goût. en automne-hiver, les purées de potiron, de courge, de patate douce, de carotte ou de panais rencontrent souvent beaucoup de succès. au printemps-été, on fait la part belle aux courgettes, aubergines, haricots verts, petits pois, tomates bien mûres (sans peau ni pépins). vous pouvez les préparer en purée lisse ou en écrasé, selon l’avancée de votre enfant dans les textures.côté compotes, les associations simples fonctionnent particulièrement bien : pomme-poire, pomme-abricot, pomme-fraise, pêche-pomme ou banane-myrtille. il est préférable de proposer un fruit à la fois pour que bébé apprenne à identifier chaque saveur, mais rien n’empêche de temps en temps un mélange subtil de deux fruits. pensez à cuire légèrement les fruits les plus fermes avant de les mixer ou de les écraser, et à éviter l’ajout de sucre : les fruits sont naturellement assez sucrés pour éveiller les papilles.association protéines animales : poisson blanc, poulet, œuf et viande rougeles protéines animales jouent un rôle central dans l’apport en fer, zinc et vitamines du groupe B. pour un bébé de 9 mois, on privilégie les viandes maigres et les poissons bien cuits, sans arête, proposés finement hachés ou mixés dans la purée. le poulet et la dinde sont de bonnes bases quotidiennes, auxquelles on ajoute ponctuellement du bœuf, du veau ou du porc bien cuits. pour le poisson, alternez entre poissons blancs (colin, cabillaud, merlan) et poissons gras (saumon, maquereau, sardine) une à deux fois par semaine chacun.l’œuf peut également être introduit ou poursuivi à raison d’environ un demi-œuf bien cuit (dur ou brouillé sans ajout de sel) équivalent à la portion journalière de protéines. vous pouvez par exemple proposer une purée de carotte-pomme de terre avec poulet le lundi, une purée de courgette-riz avec colin le mercredi, puis une purée d’épinards-pomme de terre avec demi-œuf dur écrasé le vendredi. cette alternance permet de couvrir les besoins en fer et en acides gras essentiels sans surcharger l’organisme.féculents adaptés : semoule, pâtes alphabet, riz bien cuit et pomme de terreles féculents fournissent l’énergie dont votre bébé a besoin pour explorer, ramper, se mettre debout et jouer. À 9 mois, vous pouvez varier largement : pomme de terre, patate douce, riz bien cuit, pâtes alphabet ou petites pâtes, semoule de blé fine, polenta, quinoa bien cuit. au début, ils représentent environ un tiers du plat salé, puis progressivement on peut aller jusqu’à moitié féculents, moitié légumes en fonction de l’appétit et du niveau d’activité.pour faciliter la mastication, veillez à cuire les féculents un peu plus longtemps que pour les adultes, afin qu’ils soient bien tendres. vous pouvez aussi les écraser légèrement à la fourchette ou les mélanger aux légumes. au fur et à mesure, certains féculents (pâtes, riz, petits morceaux de pomme de terre) pourront être proposés en petits morceaux que bébé attrape avec les doigts. c’est une excellente façon de travailler la motricité et de gagner en autonomie à table.produits laitiers : yaourt nature, fromage blanc et petits-suissesen plus du lait maternel ou du lait infantile, les produits laitiers ont toute leur place dans l’alimentation du bébé de 9 mois. ils apportent calcium, protéines et graisses de bonne qualité. privilégiez les yaourts nature, fromages blancs et petits-suisses au lait entier, sans sucre ajouté ni arôme artificiel. vous pouvez les enrichir en goût en y ajoutant un peu de compote maison ou quelques cuillerées de fruit écrasé bien mûr.en termes de quantité, un dessert lacté de 100 g à midi ou le soir, ou un laitage au goûter, complètent bien les apports lactés de la journée. si votre enfant boit déjà beaucoup de lait (proche de 800 ml par jour), il n’est pas indispensable d’ajouter plusieurs laitages en plus : mieux vaut ajuster en fonction de son appétit global et des recommandations de votre pédiatre. là encore, l’objectif est un équilibre global sur la journée plutôt qu’une norme rigide à suivre à la lettre.fruits crus écrasés et cuits : banane, poire, pomme et fruits rougesles fruits apportent fibres, vitamines (notamment la vitamine C) et une grande diversité de saveurs. À 9 mois, vous pouvez proposer aussi bien des fruits cuits (en compote ou en morceaux fondants) que des fruits crus très mûrs, bien écrasés. la banane, la poire bien mûre, la pêche, l’abricot et la mangue s’écrasent facilement à la fourchette et conviennent parfaitement aux premières découvertes en texture moins lisse. la pomme, plus ferme, gagne à être cuite au début.les fruits rouges (fraises, framboises, myrtilles) peuvent être introduits, en veillant à les écraser et à observer les réactions de bébé. vous pouvez les proposer en petite quantité mélangés à de la pomme ou de la poire. un fruit par repas est une bonne base, mais certains enfants en réclament davantage : tant que le reste de l’alimentation est équilibré et que les fruits ne remplacent pas systématiquement le lait ou les repas salés, cela reste tout à fait acceptable.aliments interdits et précautions allergéniques à 9 moisliste des aliments à risque : miel, fruits à coque entiers et aliments cruscertaines catégories d’aliments restent déconseillées, voire strictement interdites, pour un bébé de 9 mois. le miel, par exemple, est à proscrire avant 1 an en raison du risque de botulisme infantile, une affection rare mais grave. de même, les fromages au lait cru (hors pâtes pressées cuites type comté, emmental, beaufort, sans croûte), la viande et le poisson crus ou insuffisamment cuits (tartares, carpaccios, sushis) et les œufs crus ou peu cuits sont à éviter pour limiter les risques d’infections alimentaires.les fruits à coque entiers (noix, noisettes, amandes, pistaches) et les cacahuètes entières représentent un risque majeur de fausse route et d’étouffement. ils ne doivent jamais être proposés sous cette forme avant plusieurs années. en revanche, leurs équivalents finement moulus, en poudre ou sous forme de purée lisse (beurre d’amande, purée de cacahuète 100 %) peuvent être introduits en petite quantité, sur avis médical en cas d’antécédents allergiques familiaux, pour participer à la prévention des allergies.introduction progressive des allergènes majeurs selon les recommandations ESPGHANLes recommandations récentes, notamment celles de l’ESPGHAN, ont évolué concernant les aliments potentiellement allergènes. plutôt que de les retarder longtemps, il est désormais conseillé de les introduire progressivement entre 4 et 12 mois, une fois la diversification bien amorcée, et de les proposer ensuite régulièrement. cela concerne en particulier l’œuf, l’arachide, le poisson, le gluten et certains fruits à coque sous forme adaptée. cette approche vise à habituer le système immunitaire du bébé et à réduire le risque de développement d’allergies.comment procéder concrètement ? commencez par de très petites quantités (une cuillère à café de préparation contenant l’allergène), en début de journée, afin de pouvoir observer les réactions pendant plusieurs heures. si tout se passe bien, augmentez progressivement les doses les jours suivants, sans en faire un aliment exclusif. en cas de terrain allergique dans la famille ou de symptômes douteux, il est prudent de demander l’avis de votre pédiatre ou d’un allergologue avant d’avancer plus loin.surveillance des réactions au gluten, œuf, poisson et produits laitierslors de l’introduction d’un nouvel aliment, surtout s’il fait partie des allergènes fréquents, il est utile de surveiller certains signes. les réactions alimentaires peuvent se manifester par des rougeurs autour de la bouche, des plaques d’urticaire, des vomissements, des diarrhées, un gonflement des lèvres ou du visage, voire des difficultés respiratoires dans les formes sévères. dans ce dernier cas, il s’agit d’une urgence médicale nécessitant une prise en charge immédiate.pour le gluten (présent dans le blé, l’orge, le seigle), on l’introduit via des céréales infantiles avec gluten, du pain ou des petites pâtes, en observant la tolérance digestive. les produits laitiers (yaourt, fromage blanc, petits-suisses) sont en général bien supportés, mais certains bébés présentent des intolérances ou des allergies aux protéines de lait de vache. si vous suspectez une réaction inhabituelle après un nouvel aliment, parlez-en à votre professionnel de santé avant de l’exclure définitivement : il vous aidera à différencier une vraie allergie d’un simple inconfort passager.autonomie alimentaire et diversification menée par l’enfant DMEPrincipes de la DME adaptée au développement moteur de 9 moisla diversification menée par l’enfant (DME) séduit de plus en plus de parents, et 9 mois est un âge où de nombreux bébés sont suffisamment matures pour en expérimenter certains principes. la DME consiste à laisser l’enfant gérer lui-même la prise des aliments, en lui proposant des morceaux adaptés à sa motricité et à sa sécurité, plutôt que des purées données exclusivement à la cuillère. bébé choisit, prend, porte à la bouche, mâche et avale à son rythme, ce qui favorise son autonomie et son écoute des sensations de faim et de satiété.pour que la DME soit adaptée, l’enfant doit être capable de se tenir assis de manière stable, de porter les aliments à sa bouche et de tourner la tête pour signifier qu’il n’en veut plus. vous pouvez aussi opter pour une approche mixte, très rassurante pour de nombreux parents : proposer à la fois des purées ou écrasés à la cuillère et quelques morceaux en libre préhension. l’essentiel est de respecter les capacités de votre bébé et de conserver des repas sereins, sans enjeux ni pression.formats d’aliments en bâtonnets et lanières pour la préhension palmaireà 9 mois, la prise palmaro-digitale (bébé attrape avec toute la main) et le début de la pince pouce-index permettent de proposer des formats d’aliments spécifiques. les bâtonnets et lanières de taille adaptée sont particulièrement pratiques : ils permettent à l’enfant de saisir facilement la nourriture et de la porter à sa bouche sans la faire tomber. pensez à des morceaux de carotte, de patate douce ou de courgette très bien cuits, coupés en bâtonnets de 5 à 8 cm de long sur 2 cm de large environ.les lamelles de poire très mûre, de banane, d’avocat ou de mangue bien mûre sont également intéressantes pour la DME. elles sont fondantes, faciles à écraser entre les gencives et riches en nutriments. évitez en revanche les aliments friables qui se cassent en petits morceaux durs (comme certains biscuits secs non adaptés) tant que votre bébé n’est pas à l’aise avec la mastication. vous pouvez vous représenter le bon aliment DME comme un “gros crayon mou” : facile à attraper, mais qui se défait sans effort dans la bouche.apprentissage de la mastication et découverte sensorielle autonomel’un des atouts majeurs de la diversification menée par l’enfant est de transformer le repas en véritable expérience sensorielle. en touchant, écrasant, sentant et portant les aliments à sa bouche, votre bébé apprend autant qu’en jouant. il découvre que la carotte est douce mais ferme, que la banane colle un peu aux doigts, que le brocoli sent fort mais a un goût plus doux qu’il n’y paraît. cette autonomie favorise la confiance en soi et la curiosité, deux ingrédients précieux pour devenir plus tard un “bon mangeur”.la mastication, quant à elle, se développe petit à petit, même sans dents. chaque morceau fondant croqué, écrasé ou mâchonné entraîne les muscles de la bouche et prépare l’enfant au langage. vous pouvez l’encourager en exagérant parfois vos propres mouvements de bouche lorsque vous mangez près de lui, comme un jeu de miroir. gardez cependant en tête que la DME, comme toute approche alimentaire, demande patience, observation et adaptation : si un jour votre bébé refuse les morceaux, rien n’empêche de proposer à nouveau une purée, puis de retenter plus tard. l’important n’est pas la perfection, mais la progression globale vers une alimentation variée, équilibrée et plaisante.