Publié le : 09 mars 20236 mins de lecture

Pendant la grossesse, de nombreuses femmes développent ce que l’on appelle l’instinct de nidification : l’appartement est nettoyé et l’environnement méticuleusement préparé pour la progéniture. Jusqu’à présent, ce comportement de la mère était principalement considéré comme étant contrôlé par les hormones, mais ce n’est probablement pas le cas.

L’instinct de nidification est un phénomène qui peut être observé chez de nombreuses femmes, en particulier dans le dernier tiers de la grossesse. Avec l’augmentation de la taille de l’abdomen, le besoin de propreté et d’ordre de la future mère semble également augmenter. L’appartement est nettoyé et, surtout dans la chambre des enfants, tout doit être propre et bien rangé. Jusqu’à présent, l’instinct de nidification était principalement attribué aux changements hormonaux pendant la grossesse, bien que cela n’ait jamais été prouvé scientifiquement. Une biologiste humaine britannique, qui a évalué diverses études et essais sur ce sujet, exprime maintenant aussi des doutes considérables sur cette thèse.

L’instinct de nidification est-il même un instinct ?

La raison pour laquelle de nombreuses femmes enceintes, surtout dans la dernière phase de la grossesse, sont attaquées par ce qu’on appelle l’instinct de nidification, c’est-à-dire le besoin prétendument obsessionnel de mettre l’appartement et la chambre des enfants, mais aussi l’équipement et le mobilier du bébé, dans un état parfait, n’est pas suffisamment expliquée scientifiquement. Le comportement est bien connu, mais il est difficile de le rattacher à des causes biologiques ou psychologiques concrètes. Selon un docteur, par souci de simplicité, la science aurait pu, à un moment donné, expliquer ce phénomène comme un réflexe biologique contrôlé par les hormones. Cependant, après avoir évalué diverses études, l’expert arrive à une conclusion différente. L’instinct de construction de nids n’est probablement qu’un mythe.

Hormone ou contrainte sociale ?

Selon le docteur, le principal problème de ce sujet est qu’il n’existe en principe aucune étude valable sur les causes de l’instinct de nidification. Le comportement est connu, recherché et documenté, mais le lien de causalité, par exemple dans le contexte de la modification de l’équilibre hormonal des femmes enceintes, n’a jamais été prouvé. Les deux facteurs, l’instinct de nidification et les hormones, sont présents dans tous les cas, mais cela ne signifie pas nécessairement que le comportement est biologiquement contrôlé. Le docteur, en tout cas, voit plutôt cela comme un phénomène sociologique, la société éduque et pousse les femmes à jouer le rôle de bâtisseuses de nids. Vous devez y faire attention dans votre alimentation pendant la grossesse.

Les modèles : fournisseur et constructeur de nids

Selon le docteur, qui cite une étude canadienne sur ce point, l’instinct de nidification est en fait à peu près aussi prononcé chez les femmes que chez les hommes. Cette étude, à son tour, fait référence à un programme de soutien aux parents, qui permettait également aux pères de s’absenter du travail pendant la grossesse. On a constaté que la plupart des hommes participaient alors à égalité au travail de préparation du nid. Malheureusement, ces programmes étaient l’exception. Ainsi, dans la plupart des cas, les modèles traditionnels ne feraient qu’entrer en vigueur : l’homme qui travaille remplit son rôle de pourvoyeur, tandis que la femme, qui est liée au ménage à partir d’un certain point, prend en charge les tâches de construction du nid. Que devrait-elle faire d’autre, sinon la stigmatisation sociale d’être une mauvaise femme au foyer et une mère (enceinte) menace. Une chose est surtout importante : pas de stress pendant la grossesse.

Appréciation de l’égalité des droits

Les opinions de l’expert sont, selon sa propre déclaration, fortement influencées par le féminisme et la demande d’égalité. Et à ses yeux, cela n’est toujours pas donné aujourd’hui. Elle voit cela confirmé, par exemple, dans la structure des sexes dans certains secteurs de services – en particulier, par exemple, dans les emplois de soins ou de nettoyage. Ici, les femmes sont encore largement surreprésentées en tant que femmes de ménage ou de soins, et selon elle, cela est principalement dû au fait que ces emplois ne sont pas encore suffisamment valorisés dans notre contexte culturel et social. Elles sont encore considérées comme des domaines féminins, surtout parce qu’elles sont difficilement conciliables avec le modèle de rôle dominant des hommes. Et la pression sociale pour gérer un ménage bien organisé et propre continue de peser principalement sur les femmes.

En théorie, les modèles de rôle et la pression des attentes qui leur sont associées se seraient dissous et déplacés dans une certaine mesure, mais cela se produirait encore bien trop rarement dans les travaux ménagers pratiques. Les hommes pourraient échapper beaucoup plus facilement à leur part de travail ménager, simplement parce que cela serait encore socialement et culturellement accepté. L’instinct de nidification, c’est-à-dire préparer au mieux le milieu familial à l’arrivée de la progéniture, était en principe une nécessité tout à fait rationnelle, comme faire la lessive ou laver la vaisselle. En principe, le sexe qui s’en occupe ne devrait faire aucune différence. Dans un partenariat qui fonctionne, il ne devrait pas non plus être difficile pour l’homme de s’impliquer en conséquence. Et la plupart des hommes modernes, comme le confirme également l’étude canadienne, seraient tout à fait disposés à le faire. Il faudrait simplement leur donner plus de possibilités de sauter par-dessus cette ombre des conventions sociales.